Bien que l’apparition de la crème solaire soit récente, les hommes sont depuis longtemps soucieux de se protéger du soleil et non seulement en construisant des abris adéquats mais aussi en utilisant des produits directement posés sur la peau, comme du khôl, dès la période du Nouvel Empire de l’Egypte antique et notamment durant la période de règne de Ramsès II (1279-1213 av. J.C). En effet, le khôl, bien que décoratif, renferme des vertus prophylactiques. Il servait notamment à la protection des yeux contre la réverbération du soleil, très forte en Egypte. Il est probable que le khôl à cette période renferme de la galène, de la cérusite, de la phosgénite et de la laurionite. Des recherches récentes ont d’ailleurs également démontré l’aspect protecteur du khôl contre les infections microbiennes.

Avec l’apparition des congés payés au début des années 1930, de nouveaux produits protecteurs pour la peau font leur apparition et notamment en 1935 avec l’arrivée d’un soin solaire conçu par le chimiste et fondateur du groupe l’Oréal, Eugène Schueller.

L’huile protectrice « Ambre solaire » permettant comme l’annonce le slogan de ce soin de « bronzer sans brûler » ou encore « pouvoir profiter de la Côte d’Azur sans rougir« . L’huile protectrice « Ambre solaire est toujours commercialisée mais sa composition diffère de celle d’origine.

Eugène Schueller

Eugène Schueller (1881-1957) est un chimiste qui fondera en 1909 la Société française de teintures inoffensives pour cheveux qui deviendra l’Oréal.

1957 : le premier écran haute protection enfin disponible

Bien qu’en 1957 le premier écran haute protection soit enfin créé, avec la crème des laboratoires RoC, considérée à l’époque comme une crème solaire à très haute protection, ce soin solaire est loin de ce que l’on propose aujourd’hui comme filtre solaire de haute protection.
Par ailleurs, c’est seulement en 1962 que l’indice de protection solaire est créé par le chimiste Franz Greiter, soucieux de ne plus subir de nombreux coups de soleil comme lors de son excursion en montagne à 3 312 m d’altitude.

Pourtant à cette époque, c’est un bronzage rapide qui devient de plus en plus recherché. Les produits de bronzage dont la graisse à traire sont un succès et permettent, notamment aux femmes de ressembler aux mannequins de l’époque présentes sur les magazines.

Les années 1980 : la crème solaire contre le cancer de la peau

Bien que dans les années 1970 des soins solaires proposent une certaine protection contre le soleil, comme en 1977 avec le Sun-bi-Sun® des laboratoires Ducray, qui propose un tube à 2 compartiments, dont l’un avec de la crème bronzante et l’autre de la crème blanche dite « filtre solaire haute protection », le Sun-bi-Sun®, comme la crème solaire de 1957 des laboratoire RoC,  est bien loin de ce que l’on propose aujourd’hui comme filtre solaire de haute protection.

C’est seulement dans les années 1980 que des études médicales font clairement un lien entre l’exposition au soleil et le vieillissement prématuré de la peau mais aussi entre l’exposition au soleil et le cancer de la peau.

Aujourd’hui les recherches progressent et de nombreux soins solaires sont de plus en plus agréables à porter qui ont permis de multiplier par 30 l’indice de protection en 30 ans. De nouvelles recherches sont également menées, notamment au Royaume-Uni, sur des pilules qui pourraient protéger notre peau des méfaits du soleil.


Bibliographie

COUTEAU Céline, COIFFARD Laurence, Historique de la photoprotection topique. In: Revue d’histoire de la pharmacie, 97e année, N. 366, 2010. pp. 151-162

MARUEJOL Florence, L’amour au temps des pharaons, Editions First-Gründ, 2011, 284 p.

MORIN Hervé, Les vertus cachées du khôl égyptien, Le Monde, consulté en avril 2021

Eugène Schueller Wikipédia, consulté en avril 2021